Hommage
Adresse à Sonny Rollins
disparu le 25 mai 2026
Cher Theodore Walter,
Un jour, cela s'est imposé et tu es devenu, « Sonny ». C'est ainsi que nous te connaissons. Mais je sais que dès le premier jour, la musique, le jazz, les mélodies et les traditions venues du Sud ou du Nord, étaient en toi. Et que non seulement cela mais que tu savais les réinventer comme personne ! Absolument personne.
C'est toujours avec émotion que je me souviens du 6 juillet 1974. C'était, t'en souviens-tu, à Juan-les-Pins. Dans la Pinède Gould que les musiciens, les Américains, peut-être encore plus que les Français ou ceux des autres pays du vieux continent appréciaient infiniment. Ce soir-là tu étais accompagné par ton ami d'alors Rufus Harley. Toi, joueur de ténor, lui de cornemuse ! Je me demandais bien comment cet instrument allait vivre en quelque sorte auprès de toi, du jazz : allait-on vivre un moment un peu brutal comme quelques-uns les affectionnaient alors ? Il fallu quelques notes seulement pour comprendre que, sous ton impulsion, on pouvait entendre, non pas le meilleur jazz seulement, mais toute la musique de la Terre tout entière. Et puis, grâce à toi, à Rufus, à Mtume (perc), Stanley Cowell (p), Bob Cranshaw (b), David Lee (dm) et Masuo (guitare). Ce fut la fête. Et même le Carnaval ne cessa jamais... tooute la nuit nous aurions pu danser. Et, oui, nous étions nombreux et nombreuses à danser. Salut à toi Theodore, et grand merci pour tout ce que tu fais encore, au fond de nous. Ce qui ne cessera jamais, n'est-ce pas ?
Alain Brunet
La leçon de Sonny Rollins en 1981
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